Stress et hormones

Stress et hormones

Nombreuses études scientifiques récentes prouvent que le stress est devenu un fléau, générateur de nombreux dérèglements physiologiques. Ici, quelques infos pour vous permettre de mieux comprendre les réactions de votre corps.

Vous le savez, le stress est une réaction physiologique normale de l’organisme pour faire face à une situation imprévue. Ce terme a été introduit en médecine en 1936 par l’endocrinologue canadien Hans Selye et signifie “réponse non spécifique de l’organisme consécutive à toute demande ou sollicitation exercée sur cet organisme“.

Stress vicieux ou vertueux ?

Selon l’agence européenne pour la sécurité et la santé au travail : “le stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face”. Il n’y a pas de réaction idéale à un événement stresseur, chaque individu réagit à sa manière, en fonction de son tempérament, de son éducation, état de santé  et histoire. Nous évaluons instantanément le risque que représente pour nous la situation et agissons en réaction. Trois solutions s’offrent à nous : fuir, combattre ou nous figer.

Or, si nous parlons de stress, il est essentiel de souligner que tous les stimuli ne sont pas négatifs. Il existe deux types de stimuli stresseurs (positifs ou négatifs) créant également deux types de réactions positives ou négatives. Nous ne réagissons pas de la même manière selon notre histoire et notre tempérament à la nouvelle d’une naissance, un cadeau, la pression d’un employeur pour atteindre des objectifs professionnels ou à l’animation d’une conférence devant un public.

Et attention les yeux …. Selon l’agence européenne de sécurité et santé au travail, 50 à 60% de l’ensemble des journée de travail seraient perdues à cause du stress. Et selon la médecine du travail, 75% des consultations de médecine générale seraient liées à des problématiques de gestion du stress.

Face au stress, le corps s’adapte

En réaction à un stimulus (interne ou externe), notre organisme s’adapte afin de retrouver son état d’équilibre normal. Pour ce faire, il libère des hormones, dont je liste ici les principales (cette liste n’est donc pas exhaustive!!) :

  • l’adrénaline et le cortisol produites par par les surrénales,
  • la dopamine: hormone du plaisir produite (par les neurones dopaminergiques dans le cerveau et libérée) dans le noyau cérébral accumbens,
  • les endorphines : hormones du bien-être produites et libérées dans le cerveau (par l’hypothalamus et l’hypophyse),
  • et la sérotonine : hormone de l’apaisement, produite à 95 % dans les intestins.

Quand le stress devient récurrent, ces hormones sont produites en continue, ce qui finit par épuiser les ressources physiologiques et déséquilibrer le fonctionnement de notre organisme.

Une des clés pour notre équilibre émotionnel : la sérotonine

Une carence en sérotonine génère des troubles du comportement tels que les sauts d’humeur, les troubles du sommeil, la chute de l’estime de soi et de la libido, ainsi que des troubles du comportement alimentaire et la dépression. Attention, nous ne sommes pas tous égaux en termes de synthèse et recapture de la sérotonine. Aussi, la carence en sérotonine est une des plus faciles à développer et à entretenir. Alors comment savoir si nous manquons de sérotonine ?

>>> Vous sentez-vous irritable ? Etes-vous plus impatient.e que d’habitude ? Avez-vous des difficultés à supporter les frustrations et les contraintes ? Etes-vous attiré.e par le sucre et le chocolat en fin de journée ? Vous sentez-vous dépendant.e d’activités répétitives (tabac, alcool, grignotage, sport intensif, shopping compulsif) ? Avez-vous des difficultés à vous endormir ? Vous sentez-vous vulnérable au stress ? Vous sentez-vous d’humeur changeante ?

>>> Plus de 3 réponses positives aux questions ci-dessus signifie que nous manquons de sérotonine !!  Pas de panique, les solutions arrivent un peu plus bas 🙂

Stress, hormones et radicaux libres

Les hormones laissent dans notre organisme des déchets : les radicaux libres. Ces molécules sont instables, comme il leur manque un électron. Pour se stabiliser, les radicaux libres absorbent un électron chez une cellule saine voisine, qui s’oxyde à son tour et se transforme en un radical libre. Etc…. Le stress chronique engendrant une circulation permanente d’un volume important d’hormones, il y a donc mécaniquement une augmentation de la circulation des déchets organiques, dont les radicaux libres. C’est pourquoi, nous parlons du stress “oxydatif”.

Ces radicaux libres participent grandement au vieillissement de nos cellules (ce qui favorise les infections cutanées, les insomnies, l’hypertension, les rhumatismes, les troubles sexuels, les maladies cardiovasculaires, les pertes de mémoire, les troubles du comportement, les diabètes de type 2 et les cancers…) Normalement, les protections antioxydantes naturelles du corps et les antioxydants apportés par l’alimentation permettent de limiter les dégâts. Avec le temps, nos systèmes de protection naturelle deviennent moins performants.

Les outils pour une bonne gestion du stress

Comme le stress est une réaction normale de l’organisme pour faire face à une situation imprévue, je vous invite à nourrir votre boite à outils pour réagir sereinement aux désagréments, frustrations et imprévus de la vie. Ici une liste des premières pistes :

  • Prenons soin de nos intestins : évitons tous les acidifiants extérieurs (tabac, pesticides, additifs) qui abiment non seulement nos cellules mais également notre microbiote intestinal. Mastiquons et consommons des aliments pré et probiotiques pour nourrir notre microbiote.
  • Adoptons une alimentation vivante, antioxydante et riche en co-facteurs enzymatiques (évitons les produits laitiers, le gluten, les excès de protéines) et favorisons les produits lacto-fermentés,
  • Choisissons des modes de cuisson douces pour garder le potentiel nutritifs de vos aliments en gardant un maximum des cofacteurs (vitamines – minéraux – oligo-éléments ).
  • Mangeons du magnésium : chocolat noir, fruits et légumes secs (attention à bien les débarrasser de leur acide phytique).
  • Favorisons les acides gras poly-insaturés Oméga 3.
  • Consommons des aliments riches en tryptophane, acide aminé précurseur de la sérotonine  : graines de courge, de tournesol, de sésame, des amandes, des crevettes, de la dinde, du tempeh, du tofu et des bananes.
  • Pratiquons une activité physique : le mouvement augmente temporairement votre niveau de sérotonine. Le simple fait de marcher tous les jours trente minutes produit suffisamment d’endorphines pour contrer vos hormones du stress.
  • Aérons-nous : la lumière favorise la production de sérotonine
  • Aussi, favorisons des activités manuelles pour rester concentré.e sur des actions concrètes et ciblées. Répéter les mêmes gestes apaisent l’angoisse.
  • Temporairement, nous pouvons choisir une supplémentation en L-tryptophane ou en 5-HTP.
  • Enfin, cultivons la joie et le lien au contact de nos familles et amis. Coupons le flux permanent d’informations anxiogènes venant des médias.

La naturopathie, une voix d’accompagnement personnalisé

Ces conseils ne se substituent pas à un suivi personnalisé. Pour retrouver votre équilibre, il est intéressant de suivre un bilan personnalisé pour obtenir des conseils adaptés à votre situation. Le bilan et les suivis en naturopathie permettent de vous proposer des outils précisément calibrés, selon votre parcours médical, vos habitudes de vie, contraintes et tempérament ! Au plaisir de vous accompagner sur le chemin de votre vitalité,

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Sources
1- Etude Serotonin neurotrasmission and treatment options for depression, Auteur Yu P Sivolap 2017
2- Etude An Integrative Review on Role and Mechanisms of Ghrelin in Stress, Anxiety and Depression, Auteurs Anjana Bali et Amteshwar Singh Jaggi, 2016
3- Etude 
Tryptophan supplementation and serotonin function: genetic variations in behavioural effects, Auteur E L Gibson 2018
4- L’alimentation ou la 3e médecine, Jean Seignalet, Editions du rocher équilibre 2012
5 – Connaître son cerveau pour mieux manger, Jean-Michel Lecerf, Editions Belin, 2017
6- Nutrition et bien-être mental, pourquoi et comment notre alimentation influence notre cerveau ? Veronica van der Spek, Editions de Boeck, 2009

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